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L'imaginaire d'Annick Gauvreau

Ne rien refuser à la liberté…

Texte de Rachel Tremblay pour Mozaïk (diffuseur de culture, Vaudreuil-Dorion)


Un jour, alors qu’Annick Gauvreau rentrait de ses cours, son portfolio sous le bras, Jean-Paul Riopelle a feuilleté son contenu. Parmi toutes ses œuvres sur papier, il a retiré la seule qu’elle n’avait pas faite dans le cadre scolaire, celle qui lui était très personnelle, en lançant : « J’amène ça à Paris ! » À partir de cet instant précis, Annick s’est vue aiguillée pour ce que serait la suite de sa vie : toujours, elle s’écouterait et ferait confiance à son instinct. Elle était libre d’accomplir tout ce qu’elle souhaitait. Ayant eu le privilège d’avoir des parents épris de liberté, Madeleine Arbour et Pierre Gauvreau, tous deux signataires du Refus global, son épanouissement artistique avait des précédents.

Dernièrement, Annick Gauvreau a vu, ravie, quarante-huit de ses œuvres quitter son domicile pour trouver un nouveau nid au Musée de Charlevoix. Au départ, elle prévoyait offrir des œuvres d’art populaire à ce lieu. On dit de L’Art populaire qu’il est vivant, joyeux et coloré. Ces qualificatifs collent tout à fait à l’artiste qu’est Annick Gauvreau. Annick fait sourire grâce à des compositions éclatées et ludiques tout autant qu’elle questionne et dénonce. Elle a aussi l’habileté de la douceur et du respect : elle transpose, dans son singulier langage, un événement tragique en l’entourant des personnages de l’enfance qu’elle chérit tels Tintin, Astérix ou Dorothy du Magicien d’Oz.


Annick porte sur la religion un regard curieux et émerveillé. Elle confesse, bien évidemment, ne pas avoir baigné là-dedans. Toutefois, ses tantes maternelles, toutes imprégnées du catholicisme, lui ont transmis certaines notions. Ainsi, plusieurs de ses œuvres sont des clins d’œil à cette religion qui relève pour elle plutôt de la littérature et du mysticisme. Annick aime raconter des histoires avec des animaux, des croix, des vierges, du symbolisme, sans jamais pour autant user de dénigrement et de mépris.

Annick est une femme solaire. D’elle émane un enthousiasme pour la vie avec un regard lucide sur l’actualité qui la perturbe, l’attriste ou la révolte. Habitée par un sens de la justice et une évidente conscience sociale, elle est ouverte, généreuse, disposée à l’accueil. Elle cultive le détachement tout en étant dans le partage et la solidarité. Elle se permet de rêver et de se construire une réalité digne de ses aspirations. Cartésienne, organisée, à l’ordre, on se doute à la côtoyer que l’impeccable est une quête dont elle est fière émissaire.


Présenté à la mezzanine du musée, du 16 décembre 2022 au 30 avril 2023.

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